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Exploit d’une Acadienne de 83 ans

Les Acadiens sont des gens de défi, ils l’ont maintes fois prouvé. Une de nos membres, Thérèse Richard Chiasson de Trois-Rivières, nous en offre un autre exemple. Le 15 août dernier, jour de notre fête nationale, ma mère a sauté en parachute avec d’autres membres de la famille. À 83 ans, on peut dire que c’est un exploit rarement égalé.

Depuis longtemps, elle rêvait de connaître l’exaltation que son mari avait déjà vécue. Marcel, mon père, était parachutiste lors de la 2e Guerre mondiale. Comme je le relatais dans mon livre Lettres d’amour d’un soldat acadien (Éd. De la Francophonie, 2007), il était du bataillon qui a sauté en mars 1945 à l’ouest du Rhin en Allemagne lors d’un des derniers de ce grand conflit. Après leur mariage, ils souhaitaient, un jour, pouvoir vivre l’expérience ensemble. Mais la vie mouvementée, les sept enfants à élever, puis finalement le décès de papa en 1979, sont venus enterrer ce rêve. Jusqu’à ce qu’une de leurs petites-filles vienne raviver ce désir des hauteurs dans les yeux de sa grand-mère. La famille s’est alors regroupée derrière ce projet pour lui offrir le cadeau que maman n’espérait plus.

C’est ainsi que, le 1er octobre 2000, elle montait à bord d’un ancien avion militaire pour ensuite s’élancer en tandem dans le vide à près de 12 000 pieds d’altitude en disant : « Marcel, aide-moi, ce sera le plus beau des sauts! » En touchant le sol, elle ne cessait de répéter « Je veux recommencer! »

Cela aura pris 9 ans. Mais cette fois, ses enfants et petits-enfants n’allaient pas la laisser jouer à l’oiseau tout seul. Avec un de mes frères, ma fille, mon fils et sa copine, et deux de mes neveux, j’ai revêtu ma combinaison pour aller vivre cette belle folie avec elle. La petitesse du Cessna qui nous attendait sur la piste obligeait à ce qu’on ne soit que deux sauteurs de la famille à la fois. C’est moi qui ai eu l’honneur de voyager avec maman.

Accompagnés de nos instructeurs, nous sommes montés dans le bimoteur. Une lente montée de vingt-cinq minutes, puis la petite porte s’ouvre. Quelle sensation que de voir maman quitter l’avion en plein vol! En moins de deux, je sautais derrière elle. Après 45 secondes de chute libre, puis cinq minutes de balade avec le parachute, nous étions au sol, dans les bras l’un de l’autre. Tout le reste de la famille nous entourait. « Papa, tu as été capable de sauter, et moi aussi!» Il y a de ces moments que l’on sait d’avance ineffaçables.

Jacques Chiasson, secrétaire

(Texte initialement paru dans le journal L’AARQ-en-ciel de l’Association acadienne de la région de Québec en septembre 2009.)

Jacques et Thérèse saluent les membres de la famille.
Jacques et Thérèse saluent les membres de la famille.

Thérèse et son instructeur en plein vol.
Thérèse et son instructeur en plein vol.
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